La Fondation Artemisszió

Hongrie

« Après des années de coupures de financement du gouvernement et d’attaques par les médiats contrôlés par l’État, Artemisszió est une des dernières organisations encore debout qui promeut explicitement le pluralisme en Hongrie. Cette équipe engagée a créé un réseau de Hongrois accueillants qui résistent au sentiment xénophobe et anti-immigrant qui prévaut au pays. »

– Joe Clark, ancien premier ministre du Canada et président du jury du Prix.

L’HISTOIRE D’ARTEMISSZIÓ

Dix pays européens ont construit des clôtures et des murs le long de leurs frontières. Ensemble, ils sont six fois plus longs que le mur de Berlin. La Hongrie possède actuellement l’une de ces clôtures fortifiées. La Fondation Artemisszió pose la question suivante : si, au lieu de fermer nos frontières, nous nous ouvrions aux nouveaux arrivants? 

Depuis sa création en 1998, la Fondation Artemisszió favorise l’inclusion sociale des populations les plus désavantagées de la Hongrie, y compris les jeunes de milieux défavorisés, les femmes roms, les migrants et les réfugiés.

Dans ce contexte de peur et de préjugés, la Fondation Artemisszió propose un modèle alternatif. S’appuyant sur des bénévoles engagés et menant ses activités au sein d’un réseau international, Artemisszió offre des stages, des occasions de bénévolat, du mentorat, de la formation linguistique, de la coopération avec les écoles, des ateliers sur la démocratie et l’alphabétisation médiatique, du soutien pour l’art activiste et plus encore, et ce, afin de favoriser la compréhension mutuelle et de s’attaquer à l’exclusion.

L’indispensable travail d’Artemisszió sur la diversité culturelle est présentement menacé. Le gouvernement hongrois a sévèrement limité les activités des organisations non gouvernementales, le soutien que la Fondation recevait de l’Union européenne a été bloqué et certains de ses contrats professionnels ont été annulés. Par conséquent, l’organisation a dû limiter la formation interculturelle qu’elle offrait aux professionnels de la santé et de l’éducation, aux autorités locales, aux policiers et aux travailleurs sociaux pour les aider à comprendre et à mieux servir les communautés désavantagées. En réponse, Artemisszió s’est attachée à renforcer son programme communautaire. Son réseau Mira relie de nouveaux arrivants et des résidents dans des programmes de mentorat, d’apprentissage linguistique ou d’activités sociales comme des dîners informels, des clubs de cinéphiles et des circuits en ville.

La clôture borde toujours la frontière sud de la Hongrie, mais il y a de l’espoir lorsque des organisations comme Artemisszió utilisent l’innovation et l’optimisme pour lutter contre tout ce que la clôture représente. À travers des décennies d’engagement, Artemisszió s’est bâti un réseau solide et actif d’organisations et d’individus qui s’opposent aux obstacles et elle continuera de travailler sans relâche et avec joie pour une société ouverte et tolérante.


En réponse à une hausse de la migration sans papier en Hongrie en 2015, le premier ministre populiste Viktor Orbán a déclaré une « situation de crise » et a construit une clôture frontalière électrifiée d’une longueur de 170 kilomètres. La rhétorique anti-immigration, propagée par les médias largement contrôlés par l’État, a également augmenté dans un effort de promouvoir une identité nationale fondée sur le christianisme. Dans la dernière année, une loi criminalisant les services et le soutien offerts aux migrants et aux demandeurs d’asile a été adoptée, faisant d’eux une infraction punissable d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an. En août 2018, une taxe de 25 % sur le financement étranger offert à toute organisation « appuyant l’immigration » a été introduite. Le retrait subséquent du financement des partenaires gouvernementaux et européens a eu un impact significatif sur ces organisations.