L’Institut national de musique afghane

Afghanistan

« L’Institut national de musique afghane partage un important message de réconciliation, d’unité et de reconstruction. Ses réalisations démontrent comment la musique contribue au pluralisme, favorisant la consolidation communautaire pacifique et interethnique, et ce, en encourageant les étudiants de différents milieux à collaborer en harmonie, littéralement. »

– Joe Clark, ancien premier ministre du Canada et président du jury du Prix.

 

HISTOIRE DE L’INSTITUT NATIONAL DE MUSIQUE AFGHANE

Dans une cour ensoleillée, une chef d’orchestre se tient devant un groupe de jeunes musiciens. D’un simple coup de baguette, la musique éclate dans les airs. La chanson est dynamique et gaie, et jouée avec une diversité d’instruments afghans et occidentaux par des garçons et des filles. Un groupe de jeunes filles chante : « Je suis une fille, un arbre sous le soleil. Je lutte contre la répression. J’avance avec la connaissance. » Ce concert est organisé en célébration de la Journée internationale de la fille, mais comme toute performance de l’Institut national de musique afghane (ANIM), il célèbre le fait de jouer de la musique, quelque chose que ces enfants n’auraient pas pu expérimenter il y a dix ans.

L’ANIM est le premier institut de musique où les enfants afghans, quels que soient leur sexe, leur ethnie, leur religion et leur condition socioéconomique, sont formés dans un contexte coéducatif en musique afghane traditionnelle et occidentale classique. L’ANIM est particulièrement engagé à soutenir les jeunes les plus désavantagés de l’Afghanistan, à savoir les orphelins et les vendeurs de rue, et à autonomiser les jeunes filles.

Même si l’ANIM a été célébré internationalement, ses succès se mesurent surtout par ses effets sur la vie des gens. Parmi ceux-ci, une enfant qui travaillait dans la rue et qui est devenue le premier violon du tout premier ensemble entièrement féminin de l’Afghanistan; ou une enfant venant d’une des régions les plus éloignées de l’Afghanistan qui est devenue la première chef d’orchestre du pays. À l’échelle sociétale, l’ANIM est devenu un chef de file en promotion d’un renforcement communautaire pacifique et interethnique, car il encourage les étudiants de divers contextes à collaborer en harmonie.

Même s’il n’est plus sous le régime des talibans, l’Afghanistan est toujours un pays divisé qui compte plusieurs ardents détracteurs de la musique et de l’inclusion sociale. Malgré des menaces constantes, l’ANIM défend d’importantes valeurs pour établir une société juste et pluraliste. Comme le dit M. Sarmast, « Nous luttons contre la violence et la terreur avec notre musique. » Ou comme le chante la chorale de l’ANIM, « Les oiseaux chanteront toujours ».

CONTEXTE

Pendant des siècles, une culture musicale riche et diversifiée a été au cœur de l’Afghanistan. Mais sous le régime brutal des talibans dans le milieu des années 1990, la musique a été complètement bannie et les occasions éducatives, particulièrement pour les femmes, ont drastiquement chuté. Lorsque les talibans sont tombés, Ahmad Naser Sarmast, un musicologue afghan qui avait demandé l’asile en Australie, est retourné dans son pays déterminé à rétablir la musique au sein de la société afghane et à utiliser son pouvoir discret pour transformer des vies dans un pays déchiré par la guerre. Il a fondé l’ANIM en 2010. Aujourd’hui, l’ANIM fait tomber les tabous culturels et crée une nouvelle image de l’Afghanistan tant à l’échelle nationale qu’internationale.